Reprise de la prothèse totale de genou


Reprise de la prothèse totale de genou

Information préopératoire

Qu'est-ce que c'est

La reprise de prothèse de genou est une intervention chirurgicale qui a pour but de remplacer tout ou partie de la prothèse qui vous aviez été implantée par le passé. Les causes habituelles de reprise de prothèse sont les douleurs, les raideurs, les laxités, les descellements, les fractures et les infections.

Le descellement d’une prothèse est la perte de la fixation de la prothèse à l’os. Le descellement peut avoir deux grandes causes : infectieuse dit descellement septique et d’usure non infectieuse appelé descellement aseptique. Le descellement aseptique d’usure est lié à une réaction de l’organisme aux débris d’usure de la prothèse qui provoque la résorption de l’os autour de la prothèse et met donc en péril la fixation de la prothèse à l’os. Les descellements septiques, c’est-à-dire par infection autour de la prothèse, nécessitent une stratégie de ré- intervention complexe et qui nécessitent une collaboration pluridisciplinaire chirurgien-infectiologue-anesthésiste. Les reprises de prothèse de genou sont des interventions toujours plus complexes que la pose de la prothèse initiale.

Pour préparer l'intervenion

Il faut bien entendu pour poser l’indication de remplacement prothétique établir un diagnostic et connaître les raisons qui ont conduit à la défection de la prothèse initiale. Pour cela lors de l’étape diagnostique et décisionnelle un bilan radiographique complet est réalisé, un bilan biologique, un scanner ou une scintigraphie osseuse sont souvent nécessaires.

Le risque de survenue d'une infection après la pose d'une prothèse n'est jamais nul. Il est au minimum compris entre 1% et 2% voir 3% en cas d’immunodépression (diabète, surcharge pondérale, tabagisme, insuffisance hépatique, maladie du sang, etc…). Afin de ne pas augmenter ce risque, certaines précautions doivent être prises, aussi bien par vous que par l'équipe chirurgicale. Un bilan dentaire et urinaire est prescrit afin de rechercher une infection qui devra être traitée avant l'intervention pour éviter toute contamination.

Le sevrage tabagique devra être complet et effectif 1 mois avant l’intervention et s’il n’est pas définitivement acquis prolongé au minimum 6 mois après l’intervention.

En cas de symptômes d'une infection évolutive, vous devrez prévenir votre chirurgien et vos médecins afin qu'une antibiothérapie adaptée soit éventuellement prescrite et que l'intervention soit différée. Si vous êtes diabétique, l'hémoglobine glyquée devra être proche de la normale, c'est un bon marqueur de l'équilibration de votre diabète (votre médecin traitant et le diabétologue sont les meilleurs garants de votre suivi).

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La veille et le matin de l'intervention, vous devrez prendre une douche avec un produit à base de savon chirurgical ou de désinfectant (bétadine/hibiscrub). Eventuellement, le site opératoire sera dépilé par une crème dépilatoire ou une tondeuse (le rasage est déconseillé). Il vous faut éviter toutes plaies ou excoriations cutanées en regard du genou à opérer. Au moment de l'intervention, le médecin anesthésiste administrera une antibiothérapie dite « prophylactique ». N'oubliez pas au moment de la visite chez le médecin anesthésiste de lui faire part de vos éventuelles allergies aux antibiotiques.

N'oubliez pas de prévenir votre chirurgien, si vous êtes allergique aux métaux suivants : chrome, nickel, cobalt. Ainsi, si vous avez connaissance d'une quelconque réaction cutanée en face des produits suivants : ciment, boucles d'oreilles ou de ceinture, bouton de pantalon, montre, cuir, bijoux, collier. N'hésitez pas à en parler à votre chirurgien, la liste n'est pas exhaustive. De manière générale, un bilan cardiaque vous sera prescrit, ceci est important surtout si vous utilisez un traitement anticoagulant devant éventuellement être modifié avant chirurgie.

L'acte chirurgical

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale plus rarement sous rachianesthésie. La cicatrice est reprise, souvent agrandie.

Dans un premier temps, il faut enlever la prothèse en place. Lors de ce geste, des prélèvements sont effectués dans le genou et envoyés au laboratoire à la recherche d’une infection.

L’articulation est ensuite nettoyée et préparée pour accueillir la nouvelle prothèse. Celle-ci peut être impactée (sans ciment) ou fixée par du ciment.

La peau est ensuite refermée. Un drainage est mis en place dans l’articulation.

Les suites opératoires

Les pansements stériles réalisés à l’hôpital devront être poursuivis à votre domicile par une infirmière diplômée d’état. Afin d'éviter les phlébites, un traitement anticoagulant sera prescrit pendant 1 mois. Des bas de contentions peuvent être utilisés également.

Le lever et l'appui sur le membre sont autorisés dès le jour même de l’opération ou le lendemain. La rééducation est débutée d’emblée à l’hôpital puis se poursuivra à votre sortie en cabinet de kinésithérapie de ville ou en centre de rééducation (à votre libre choix). La rééducation est longue généralement entre 3 à 6 mois et a pour but de récupérer vos amplitudes articulaires et votre force musculaire afin de retrouver au plus vite votre autonomie fonctionnelle puis dans un second temps votre activité professionnelle et vos loisirs. La marche est protégée par des béquilles et par une attelle de genou jusqu’au verrouillage musculaire actif du genou et sédation des douleurs.

A titre indicatif et après validation par votre chirurgien selon la qualité de votre rééducation et sédation des douleurs peuvent-être envisagées la reprise de la marche sans béquille et de la conduite automobile à 1 mois post-opératoire, la reprise de votre activité professionnelle entre le 1er mois et le 3em mois et la reprise de vos loisirs sportifs entre le 3em mois et le 9em mois post-opératoires.

Complications

Il existe des complications spécifiques mais rares voir exceptionnelles que sont une raideur de genou par défaut de rééducation, une infection grave du site opératoire et de la prothèse qui nécessite une reprise chirurgicale avec lavage et changement des implants prothétiques et une antibiothérapie prolongée, une paralysie du nerf sciatique, une lésion vasculaire avec plaie de l’artère poplité qui nécessiterait une chirurgie vasculaire de suture de l’artère en urgence. Un descellement de la prothèse peut se produire à long terme, il s’agit d’une usure de la prothèse et de l’os adjacent qui peut provoquer une perte de fixation définitive de la prothèse dans l’os et nécessiterait alors une révision prothétique.

Il existe des complications aspécifiques telles une thrombose veineuse profonde dit phlébite, un hématome qui nécessite exceptionnellement une ponction ou un drainage chirurgical, une algodystrophie,…

Il y a des risques liés à l’anesthésie qui vous ont été notifiés par votre chirurgien mais réexpliqués précisément lors de la consultation d’anesthésie préalable à l’intervention.

Toutes ces complications spécifiques de ce type de chirurgie ou non spécifiques potentiellement rencontrées pour tout acte chirurgical vous seront expliquées en détail lors de la consultation. Cependant cette liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle qu’elle soit bégnine ou grave peut survenir.

Qu'attendre de cette chirurgie

Les résultats fonctionnels des reprises de prothèse de genou sont moins bons que ceux obtenus (sans complications) avec une prothèse de première intention.

Les meilleurs résultats sont observés après un délai d'au moins 6 mois. L'amélioration peut se poursuivre pendant les deux années postopératoires. L’objectif attendu est une marche sans canne, sans boiterie et sans douleur, la reprise des activités domestiques habituelles et pour les patients jeunes en activité la reprise des activités professionnelles et de leurs loisirs sportifs.

La flexion optimale à atteindre est de 120° mais peut nettement varier selon les cas et la flexion préopératoire. La conduite automobile est reprise après 1 mois. Les activités professionnelles sont généralement reprises après 2 à 3 mois (très variable en fonction de la profession et des cas).

Les activités physiques sont autorisées après accord de votre chirurgien à partir du 3em mois post-opératoire si votre genou est indolore, souple et musclé.

Selon les recommandations AAHKS 2007 concernant le retour au sport après PTG, les sports en décharge tels le vélo, la natation, l’aviron, ou les sports d’impacts faibles tels la dance, le golf, la randonnée, le ski de fond sont conseillés mais il est possible d’effectuer des loisirs sportifs plus exigeants (sports d’impacts intermédiaires) selon votre expérience et votre maitrise technique de certains sports tels le ski alpin, le fitness aérobic, le tennis en double,…

Pour optimiser la durée de vie de la prothèse et diminuer les risques de complications les sports à hauts impacts, contacts tels la course à pieds, le football, le squash, le rugby… sont fortement déconseillés.

En résumé

La reprise de prothèse totale de genou est un geste chirurgical plus lourd et plus complexe que l’implantation de la première prothèse dont vous aviez bénéficiée. C’est un geste éprouvant qui il nécessite une rééducation de plusieurs mois. Les meilleurs résultats sont obtenus après 6 mois, voire un an. En l’absence de complication, la reprise de prothèse totale de genou apporte une amélioration significative sur les douleurs et la fonction.

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