Révision de Prothèse de Hanche


Reprise de prothèse totale de hanche

Information préopératoire

De quoi s'agit-il ?

La reprise de prothèse totale de hanche est une intervention chirurgicale qui a pour but de remplacer tout ou partie de la prothèse totale de hanche (PTH) qui vous aviez été implanté par le passé.

Les causes habituelles de reprise de PTH sont les descellements, les luxations, les fractures et les infections. Le descellement d’une prothèse est la perte de la fixation de la prothèse à l’os.

Le descellement peut avoir deux grandes causes : infectieuse dit descellement septique et d’usure non infectieuse appelé descellement aseptique.

Le descellement aseptique d’usure est lié à une réaction de l’organisme aux débris d’usure de la prothèse qui provoque la résorption de l’os autour de la prothèse et met donc en péril la fixation de la prothèse à l’os.

Les descellements septiques, c’est-à-dire par infection autour de la prothèse, nécessitent une stratégie de ré- intervention complexe et qui nécessitent une collaboration pluridisciplinaire chirurgien-infectiologue-anesthésiste.

Les luxations lorsqu’elles sont liées à une mauvaise position ou une usure des implants peuvent nécessiter une reprise.

Les fractures du fémur ou du bassin ne provoquent pas toujours un descellement des prothèses et si une fracture nécessite une fixation, il n’est pas toujours indiqué de changer la prothèse.

Les reprises de prothèse de hanche sont des interventions toujours plus complexes que la pose initiale de la prothèse et votre chirurgien peut être confronté à des difficultés inattendues.

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Pour préparer l'intervention

Un bilan d’imagerie complet est réalisé permettant de faire le bilan de l’étendue des lésions et de prévoir les modalités du changement de prothèse. Un bilan de l’état général et cardiaque permettra de minimiser le risque de complication peropératoire et postopératoire.

Le risque de survenue d'une infection après la pose d'une prothèse n'est jamais nul. Il augmente en cas de reprise de prothèse et en cas d’immunodépression (diabète, surcharge pondérale, tabagisme, insuffisance hépatique, maladie du sang, etc…). Afin de ne pas augmenter ce risque, certaines précautions doivent être prises, aussi bien par vous que par l'équipe chirurgicale. Un bilan dentaire et urinaire est prescrit afin de rechercher une infection qui devra être traitée avant l'intervention pour éviter toute contamination.

Le sevrage tabagique devra être complet et effectif 1 mois avant l’intervention et s’il n’est pas définitivement acquis prolongé au minimum 6 mois après l’intervention. En cas de symptômes d'une infection évolutive, vous devrez prévenir votre chirurgien et vos médecins afin qu'une antibiothérapie adaptée soit éventuellement prescrite et que l'intervention soit différée. Si vous êtes diabétique, l'hémoglobine glyquée devra être proche de la normale, c'est un bon marqueur de l'équilibration de votre diabète (votre médecin traitant et le diabétologue sont les meilleurs garants de votre suivi).

La veille et le matin de l'intervention, vous devrez prendre une douche avec un produit à base de savon chirurgical ou de désinfectant (bétadine/hibiscrub). Eventuellement, le site opératoire sera dépilé par une crème dépilatoire ou une tondeuse (le rasage est déconseillé). Il vous faut éviter toutes plaies ou excoriations cutanées en regard du membre à opérer. Au moment de l'intervention, le médecin anesthésiste administrera une antibiothérapie dite « prophylactique ». N'oubliez pas au moment de la visite chez le médecin anesthésiste de lui faire part de vos éventuelles allergies aux antibiotiques.

N'oubliez pas de prévenir votre chirurgien, si vous êtes allergique aux métaux suivants : chrome, nickel, cobalt. Ainsi, si vous avez connaissance d'une quelconque réaction cutanée en face des produits suivants : ciment, boucles d'oreilles ou de ceinture, bouton de pantalon, montre, cuir, bijoux, collier. N'hésitez pas à en parler à votre chirurgien, la liste n'est pas exhaustive.

L'acte chirurgical

La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale ou rachianesthésie et dure entre 2h et 5h. La plupart du temps l’intervention est faite par la même voie d’abord que la première pose ou par voie d’abord postérieure.

En cas de descellement aseptique, le changement de prothèse sera souvent associé à une greffe osseuse dont le volume dépend de l’importance de la perte de substance osseuse. Cette greffe peut se faire soit avec votre propre os, soit le plus souvent avec de l’os humain provenant d’une banque d’os qui a obtenu l’agrément ministériel et qui fait l’objet de contrôles qualité réguliers. La reprise peut se faire avec des implants identiques à la première intervention soit avec des implants particuliers. De plus, des pièces supplémentaires peuvent être utilisées pour renforcer la tenue de la nouvelle prothèse.

En cas de luxation récidivante la reprise peut consister en un simple changement de position des pièces originales ou à la mise en place d’une nouvelle prothèse.

En cas de fracture sur prothèse, l’intervention peut se limiter à la fixation de la fracture avec du matériel d’ostéosynthèse (plaque vissée, crochet, cerclages) ou à changer la prothèse ancienne.

Le descellement septique est la situation la plus complexe et la stratégie thérapeutique sera validée par une décision collégiale pluridisciplinaire prise entre le chirurgien, l’infectiologue et l’anesthésiste. Le changement de prothèse peut se faire en un temps ou en deux temps. L’ablation de la prothèse infectée, le nettoyage des surfaces infectées et la repose d’une nouvelle prothèse peuvent être réalisés durant la même intervention ou en deux interventions séparées de plusieurs semaines. En fonction de l’ancienneté de l’infection, des caractéristiques du germe et de l’état général du patient, le chirurgien choisira la stratégie adaptée.

Dans tous les cas l’intervention sera suivie d’une antibiothérapie de plusieurs semaines.

 

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Les suites opératoires

Un drain d’aspiration est habituellement laissé pour éviter la constitution d’un hématome. Il sera retiré dans un délai qui dépendra des modalités de la reprise de prothèse. Un saignement notable est habituel durant les reprises de prothèse et il faut envisager fréquemment une transfusion de sang en peropératoire ou en postopératoire.

Le lever et l’appui sur le membre sont autorisés après un délai qui dépend de l’intervention réalisée. Dans les cas de greffe osseuse ou de réparation de fracture, l’appui est souvent interdit ou partiel avec usage de cannes pendant au moins 6 semaines. La rééducation de la hanche se fait essentiellement par la reprise de la marche et dans certains cas, une musculation spécifique des muscles fessiers sera prescrite. Certains mouvements particuliers sont à éviter ; ils vous seront indiqués par le chirurgien ou le kinésithérapeute. Afin d’éviter les phlébites, un traitement anticoagulant est prescrit pendant plusieurs semaines. Des bas de contentions peuvent être utilisés également.

La durée d’hospitalisation dépend de la cause de la reprise et de l’importance de l’intervention. Après votre sortie, vous serez revu en consultation avec des radiographies. La rééducation doit être poursuivie soit à domicile avec un kinésithérapeute soit en centre de rééducation.

La reprise d’une activité normale dépend du type d’intervention. Si l’intervention a consisté en un simple changement de prothèse, les délais seront de 6 à 8 semaines. Si l’intervention a comporté des greffes osseuses, la reprise d’activité normale peut nécessiter de 3 à 6 mois de convalescence.

Complications

Il existe des complications spécifiques mais rares voir exceptionnelles que sont des luxations de la prothèse, une inégalité de taille des membres inférieurs, des ossifications et calcifications péri-articulaires, une fracture péri-prothétique lors de l’implantation de la prothèse et qui nécessite une réparation osseuse dit ostéosynthèse chirurgicale associée, une paralysie du nerf sciatique, du nerf fémoral ou du nerf fémoro-cutanée.

Un descellement de la prothèse peut se produire à long terme, il s’agit d’une usure de la prothèse et de l’os adjacent qui peut provoquer une perte de fixation définitive de la prothèse dans l’os et nécessiterait alors une révision prothétique.

Il existe des complications aspécifiques telles une thrombose veineuse profonde dit phlébite, un hématome qui nécessite exceptionnellement une ponction ou un drainage chirurgical, une infection grave du site opératoire et de la prothèse qui nécessite une reprise chirurgicale avec lavage et changement des implants prothétiques et une antibiothérapie prolongée.

Il y a des risques liés à l’anesthésie qui vous ont été notifiés par votre chirurgien mais réexpliqués précisément lors de la consultation d’anesthésie préalable à l’intervention.

Toutes ces complications spécifiques de ce type de chirurgie ou non spécifiques potentiellement rencontrées pour tout acte chirurgical vous seront expliquées en détail lors de la consultation.

Cependant cette liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle qu’elle soit bégnine ou grave peut survenir.

Qu'attendre de cette chirurgie

Les meilleurs résultats sont observés après un délai d’au moins 6 mois. L’amélioration peut se poursuivre pendant les deux années postopératoires. Le résultat attendu est une marche sans canne, indolore et sans boiterie. Les activités professionnelles sont généralement reprises après 3 à 6 mois (très variable en fonction de la profession et des cas). Les activités physiques sont autorisées après plusieurs mois. Elles dépendent du niveau physique du patient et sont à valider avec votre chirurgien.

En résumé

Le changement d’une Prothèse Totale de Hanche (PTH) est une intervention très complexe, plus longue et plus difficile que la mise en place de la première prothèse. Des découvertes per opératoires peuvent imposer des changements de stratégie opératoire. Il faut parfois effectuer des greffes osseuses et parfois utiliser des moyens d’ostéosynthèse. Les suites sont plus longues et les résultats peuvent être moins satisfaisants que ceux de la première prothèse, notamment si les dégâts sont sévères, avec une intervention effectuée trop tard.

Enfin, les complications per opératoires et post opératoires sont plus fréquentes que pour une première PTH et leur prévention repose sur un bilan anesthésique, biologique et d’imagerie rigoureux.

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