Arthroscopie de hanche


Définition de l’arthroscopie de hanche

Si vous êtes un patient jeune ou d’âge intermédiaire, sportif ou sédentaire, lorsque votre hanche ne présente pas de signe d’arthrose, vous pouvez bénéficier d’une arthroscopie de hanche pour traiter différentes pathologies comme un conflit de hanche fémoro-acétabulaire, une fissure du labrum, une inflammation de la bourse trochantérienne, une tendinopathie fissuraire des muscles fessiers, une tendinite du psoas, un ressaut de hanche, etc…

L’arthroscopie de hanche est une intervention chirurgicale qui a pour but de traiter des pathologies traumatiques ou dégénératives au stade précoce et de corriger des anomalies anatomiques de cette articulation en travaillant uniquement par voie endoscopique à l’aide d’une caméra et d’instruments fins à travers de petites incisions cutanées sans réaliser de grands abords chirurgicaux et de grandes cicatrices.

L’arthroscopie de hanche a pour objectif principal de traiter les pathologies intra-articulaires au stade précoce ; non prises en charge ses lésions intra-articulaires évolueront inéluctablement vers l’arthrose irrémédiable de hanche et nécessiteraient alors à long terme l’implantation définitive d’une prothèse de hanche.

La chirurgie se pratique sous anesthésie générale exceptionnellement sous rachianesthésie car les muscles doivent relâchés.

Pour préparer l'intervention

Un bilan radiographique complet vous sera prescrit, selon la pathologie pourront vous être prescrits en complément une échographie, une IRM ou un arthroscanner de votre hanche.

Ce dernier examen consiste à réaliser un scanner après l’injection de produit de contraste dans votre hanche afin de statuer sur l’état du cartilage et du labrum.

De la kinésithérapie peut être prescrite avant la chirurgie pour renforcer musculairement votre hanche et maintenir sa souplesse.

Le risque de survenue d'une infection post-opératoire est exceptionnel mais n'est jamais nul, il augmente en cas d’immunodépression (diabète, surcharge pondérale, tabagisme, insuffisance hépatique, maladie du sang, etc…).

Afin de ne pas augmenter ce risque, certaines précautions doivent être prises, aussi bien par vous que par l'équipe chirurgicale.

Le sevrage tabagique devra être complet et effectif 1 mois avant l’intervention et s’il n’est pas définitivement acquis prolongé au minimum 6 mois après l’intervention.

En cas de symptômes d'une infection évolutive, vous devrez prévenir votre chirurgien et vos médecins afin qu'une antibiothérapie adaptée soit éventuellement prescrite et que l'intervention soit différée.

Si vous êtes diabétique, l'hémoglobine glyquée devra être proche de la normale, c'est un bon marqueur de l'équilibration de votre diabète (votre médecin traitant et le diabétologue sont les meilleurs garants de votre suivi).

La veille et le matin de l'intervention, vous devrez prendre une douche avec un produit à base de savon chirurgical ou de désinfectant (bétadine/hibiscrub).

Eventuellement, le site opératoire sera dépilé par une crème dépilatoire ou une tondeuse (le rasage est déconseillé). Il vous faut éviter toutes plaies ou excoriations cutanées en regard de votre hanche à opérer.

Quels traitement pour quelle pathologie ?

Conflits fémoro-acétabulaires

Avec ces techniques nous pouvons traiter des anomalies anatomiques de la tête fémorale et du cotyle responsables de conflit fémoro-acétabulaire douloureux ; cette pathologie est engendrée par deux malformations anatomiques pouvant exister isolement ou de façon associée.

Ces malformations sont au niveau du fémur une perte de la sphéricité de la tête fémorale avec une came fémorale (de façon vulgairement imagée une « bosse » à la jonction tête-col fémoral) qui peut venir buter lors de la flexion de hanche contre le cotyle ; Nous appelons cela le conflit fémoro-acétabulaire par « effet came ».

Sur le versant pelvien, le cotyle peut présenter une anomalie anatomique par excès de couverture telle une pince acétabulaire recouvrant et engainant de façon trop serrée la tête fémorale qui n’a plus assez d’arc de mobilité et qui crée encore une conflit mécanique douloureux.

Nous appelons cela le conflit par « effet pince ».

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Ces deux anomalies morphologiques peuvent s’associer et créer un conflit fémoro-acétabulaire mixte par « effet came + pince ». (Cf l’illustration explicative) Le but de l’intervention chirurgicale consistera à corriger ces anomalies anatomiques responsables des symptômes douloureux avant que cela ne crée des lésions du labrum acétabulaire et plus tard des dégâts cartilagineux irrémédiables évoluant inéluctablement vers l’arthrose de hanche.

Lésions fissuraires du labrum acétabulaire

La lésion fissuraire du labrum acétabulaire aussi appelé bourrelet cotyloidien est une entité pathologique accessible au traitement par arthroscopie de hanche.Le labrum acétabulaire est un fibrocartilage de forme triangulaire à la coupe et recouvrant de façon quasi circonférentielle les berges du cotyle acétabulaire.

Il est comparable à un joint d’étanchéité et à un rôle d’amortisseur. Les fissures du labrum peuvent être engendrées par un traumatisme aigue rare telles une luxation ou une subluxation de hanche mais sont souvent rencontrées dans la pathologie chronique du conflit fémoro-acétabulaire ou dans la pathologie des dysplasies de hanches.

Dans cette dernière entité la dysplasie du cotyle (à l’inverse du conflit fémoro-acétabulaire par effet pince) correspond à un défaut de couverture du cotyle qui n’est pas assez recouvrant et est responsable d’un excès de sollicitation du labrum associé à des épisodes de décoaptation de hanche pouvant engendrer une hyperthrophie du labrum réactionnelle normale mais aussi des lésions fissuraires du labrum à réparer.

Bursite inflammatoire de hanche, Tendinopathies de hanche

Les autres pathologies de la hanche accessibles au traitement endoscopique sont les inflammations des bourses péri-trochantériennes, les tendinopathies fissuraires des muscles fessiers qui peuvent selon leurs états être réinsérés, les tendinites du psoas, les ressauts de hanche, l’évacuation de corps étrangers intra-articulaires ou encore le lavage articulaire de hanche, etc…

Les suites opératoires

Après l’intervention, selon votre degré d’autonomie et la reprise de la marche avec les béquilles votre chirurgien autorisera votre sortie de l’hôpital avec les ordonnances de soins nécessaires (pansements, antalgiques, anticoagulants, kinésithérapie) et un arrêt de travail.

Les pansements stériles devront être réalisés par une infirmière diplômée d’état. Selon les lésions rencontrées et réparées la marche sera permise d’emblée en appui partiel ou total, en cas de réparation du cartilage, suture du bourrelet, réinsertion des muscles fessiers la totalisation de l’appui sera différée de quelques semaines.

La kinésithérapie est débutée d’emblée pour maintenir votre tonus musculaire et la souplesse de votre hanche. En l’absence de réparation du cartilage ou de suture complexe du bourrelet ou des tendons fessiers le vélo sans résistance est débuté, la balnéothérapie dès que les cicatrices cutanés sont acquises, au 2em mois sera reprise très progressivement la course à pieds en terrain plat, et au 4em mois reprise progressive des entrainements sportifs habituels.

La conduite automobile sera reprise après le feu vert de votre chirurgien. La reprise des activités professionnelles sera fonction du type de travail et des gestes opératoires réalisés (en général entre le 15em jour et le 3em mois postopératoire).

Complications

Il existe des risques liés à la traction car l’arthroscopie de hanche nécessite une traction sur le membre opéré, destinée à faciliter l’accès à l’articulation.

Cette traction peut être responsable de compression du nerf pudendal entrainant des troubles de l’érection le plus souvent régressif en 3 à 6 mois.

Plus rarement, elle peut être responsable d’étirement du nerf sciatique, d’une anesthésie de la peau par atteinte du nerf fémoro-cutané. Il existe des risques théoriques exceptionnels de blessure des gros vaisseaux artériels et veineux. Ces complications vasculaires sont graves et peuvent nécessiter une intervention en urgence de réparation vasculaire.

Il existe un risque d’ecchymose du périnée. Comme toute chirurgie, il existe un risque d’hématome qui se résorbe en règle générale tout seul. Il peut exceptionnellement nécessiter une ponction évacuatrice ou un drainage chirurgical. De même qu’une phlébite malgré la prise du traitement anticoagulation.

L’infection profonde est une complication très rare au cours des arthroscopies de hanche.Elle peut nécessiter une nouvelle intervention et la prescription d’un traitement antibiotique prolongé.

Il vous est interdit de fumer, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d'infection ou de complications cutanées.

Le sevrage tabagique doit être obtenu 1 mois avant l’opération et s’il n’est pas définitif au minimum prolongé les 6 mois suivants l’intervention.

Il y a des risques liés à l’anesthésie qui vous ont été notifiés par votre chirurgien mais réexpliqués en détail lors de la consultation d’anesthésie préalable à l’intervention. La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir.

En résumé

L’arthroscopie de hanche est une intervention chirurgicale qui a pour but de traiter des pathologies traumatiques ou dégénératives au stade précoce et de corriger les anomalies anatomiques de cette articulation qui non prises en charge évolueront inéluctablement vers l’arthrose irrémédiable de hanche et nécessiteraient alors à long terme l’implantation définitive d’une prothèse de hanche.

Après l’arthroscopie, le rétablissement est rapide : la marche est reprise immédiatement dans la plupart des cas ou l’appui est différé selon la complexité des lésions traitées. Les douleurs diminuent assez rapidement après la prise en charge chirurgicale mais du fait de la nouvelle cinématique de votre hanche il faut compter en général 6 mois pour que votre état fonctionnel soit stabilisé. Les résultats à moyen terme de l'arthroscopie de hanche sont excellents si la lésion est diagnostiquée précocement. En cas de diagnostic tardif et de dégâts trop évolués, si la lésion est associée à une arthrose débutante, le pronostic de l'arthroscopie sera moins favorable.

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